Décryptage et actualité de la vie des marques - PAR MILLWARD BROWN

0

22 November 2012

Sixt pieds sous terre

image

 

Le loueur de voiture, adepte du coup de pub permanent, n’en finit plus de tirer sur la ficelle du clin d’œil à l’actualité pour promouvoir ses offres commerciales, avec un humour à chaque fois un peu plus lourd.

La finesse est une qualité trop précieuse pour être à la portée de n’importe quel besogneux de l’humour. Les campagnes usant d’artifices grossiers pour nous arracher un sourire sont légion en publicité. Mais avec Sixt, on tient un virtuose.

Le loueur de voiture me fait penser au comique de la famille. Vous savez, celui qui est prêt à tout pour un bon mot ou une vanne bien sentie, et qui rit de ses blagues à gorge déployée alors  qu’elles ne vous arrachent la plupart du temps qu’un rictus désolé.

A force de bricoler des campagnes ringardes sous forme de clin d’œil à l’actualité, la marque s’enfonce chaque fois un peu plus dans la médiocrité. Sa dernière prise de parole, qui rebondit grossièrement sur la rocambolesque élection du président de l’UMP fait suite à celle, encore plus déplacée, du mois dernier, portant sur les soupçons de l’implication du handballeur Nicolas Karabatic dans l’affaire des paris truqués concernant son club de Montpellier.

Outre le fait que la marque bafoue régulièrement et sans vergogne le droit à l’image de ses « victimes » (voir ci-contre la pub avec Hollande), le plus inquiétant est qu’il semble que Sixt se complaît dans ce second degré bas du front. Si la mécanique était astucieuse au départ, assurant à l’annonceur un coup de projecteur appréciable grâce au buzz, elle est désormais usée jusqu’à la corde. Surtout, on ne voit pas ce qu’elle a de productif pour la marque. Le principe du coup de pub est de surprendre le public par une action inattendue ou inédite. Chez Sixt, il est apparemment érigé en principe inébranlable de la stratégie de communication. Pour un résultat de plus en plus décevant, et au service d’une logique marketing qui m’échappe. Le pire, c’est que le filon qu’exploite la marque avec son agence BETC est intarissable, et qu’il semble efficace. A priori,  elle n’a donc aucune raison de s’arrêter. Mais peut-être faudrait-il qu’elle fasse évoluer le concept.

« Boost yourself », proclame son slogan? Commence par toi camarade !

Leave a Reply

Votre adresse email ne sera pas publiée.

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

*